jeudi 1 janvier 2015

Votre vélo est il fabriqué dans une démarche éthique ?

Je me permet de vous souhaiter une très bonne année 2015.

Une fois n'est pas coutume nous commencerons par parler de textile.

"Le textile et l'habillement représentent un CA annuel de 470 milliards d'euros dans le monde et font travailler 60 millions de personnes. En Europe, le secteur compte 1,8 million de salariés pour un CA de 190 milliards d'euros. En France, il pèse 22 milliards d'euros, pour 130 000 emplois."

Pour rappel, en France, le vélo c'est en 2013 1.5 milliard de CA et 12 000 salariés (source CNPC). Je vous laisse calculer le ratio (CA/salarié...)

Notre article explique que la production de nos vêtements est organisée en CMV ou "Chaîne de valeur mondiale ».

La production se répartit dans plusieurs pays. La confection des habits est, par exemple, délocalisée dans des pays à faible coût de main-d’œuvre. Le fonctionnement du secteur se rapproche de ce que nous commençons à connaître dans le cycle.

L'article explique que les entreprises sont à l’affût des coûts salariaux les moins élevés et délocalisent de Chine vers des pays comme le Bangladesh.

Cependant, la part du salaire d’un ouvrier(e) de la confection ne représente qu’entre 1 et 3 % du coût total de la plupart des vêtements. Lorsqu’un consommateur paye une chemise 8 euros, l’ouvrier(e) qui l’a confectionnée ne touche pas plus de 24 centimes. Doubler son salaire reviendrait à ajouter 24 centimes autrement dit ce serait quasi indolore pour les consommateurs.

L’article ajoute

« Les ateliers de confection des PMA sont souvent installés dans des bâtiments vétustes, sans normes de sécurité. En 2013, le Rana Plaza, un bâtiment de Dacca (Bangladesh) où étaient installés des sous-traitants de marques occidentales, s'est effondré. Environ 1 100 personnes sont mortes. « Pour signer des contrats avec les grandes chaînes de mode, les sous-traitants ne se contentent pas de sous-payer leurs salariés ou de les faire travailler dans des conditions précaires. Ils utilisent des produits interdits en Europe. Ces produits sont toxiques pour l'environnement, les personnes qui les manipulent et les consommateurs qui portent les vêtements, affirme Françoise Minarro spécialiste du dossier pour Greenpeace. En Chine, on a fait des contrôles et des prélèvements accablants d'eaux usées à la sortie des usines. Les polluants sont rejetés directement dans les rivières où ils contaminent l'eau qui est ensuite consommée par les habitants. »

Le tableau est complet quand on ajoute que des enfants travaillent après l’école, payés à la tache, 1,5 centime d'euro par pantalon.

Cet article omet cependant de parler des GSP (vous vous souvenez ? Si le salaire représente autour de 3% du coût total, les droits de douanes atteignent 14 %)

Résumons.

Dans le souci de développer les économies les moins avancées, l'Europe fait "cadeau" des taxes douanières pour ces pays.

Les marques s'y installent donc pour bénéficier de tarifs douaniers duty free et profitent d'une législation du travail moins contraignante qui se manifeste par le fait qu'il n'y a pas de salaire minimum, que la sécurité des travailleurs est moins l'objet de contrôles et que le travail des enfants y est autorisé.
Bien évidement tous les pays asiatiques ne sont pas à ranger dans le même panier, Taïwan par exemple n'est pas comparable au Bangladesh.

Les entreprises qui sont amenées à se justifier auprès des ONG ont toute une panoplie d'arguments sous le coude pour expliquer leurs méthodes. Vous en trouverez une dizaine ici : http://www.ethique-sur-etiquette.org/IMG/pdf/10_excuses-2.pdf

Je cite par exemple « Le coût de la vie est plus faible dans les pays producteurs de vêtements. Il est donc normal que les salaires soient faibles. »

Au final, les entrepreneurs ont deux possibilité. Ou continuer à travailler avec ces pays sans rien changer tant que leur clients payeurs ne se manifestent pas ou bien agir en rapatriant la production dans des pays ayant une législation du travail plus moderne.

#Specialized prend la première option :

http://www.bike-eu.com/Sales-Trends/Market-trends/2013/10/EUs-Bike-Imports-from-Cambodia-Grows-Enormously-1379624W/

#Commencal la seconde en cessant de proposer des vélos en carbone à cause des conditions désastreuses de production.

" We have produced Metas and hardtail frames in carbon in 2007-2008. I went to China to visit these factories. It was a shock for me, because the conditions were a disaster. The workers were working on frames with only paper masks. Kids, I say kids, but they are not kids because they are 18 or 20, are working there weaving the carbon fibre"

http://www.pinkbike.com/news/From-The-Top-Max-Commencal-interview-2013.html

A noter que ce ne sont que deux exemples, toutes les marques ont fait leur choix :)

Un mouvement s'amorce au delà du green washing puisque certaines marques communiquent désormais sur la prise en compte de facteurs environnementaux et sociaux dans leur processus de production : 

http://www.victoire-cycles.com/fr/info/la-soci%C3%A9t%C3%A9.html

 

La source de cet article se trouve ici :

http://www.economiematin.fr/news-industrie-textile-chiffres-affaires-probleme-ethique-chine-leco

Pour en apprendre davantage sur l'éthique :

http://www.ethique-sur-etiquette.org